VIVE TV a participé au Campement des Femmes des Organisations Populaires d’Amérique Latine

07.12.2009. Venezuela : Les compagnes des organisations populaires latino-américaines parlent de la lutte pour la terre

dimanche 6 décembre 2009

Du 25 au 29 novembre, un espace de rencontre pour les femmes latino-américaines s’est organisé dans l’état de Vargas. Pendant ce laps de temps, elles ont eu l’opportunité de partager leurs expériences et de développer des propositions pour l’action conjointe et permanente pour la réalisation de l’équité sociale entre les hommes et les femmes dans notre société. Cet événement a compté sur la participation de plus de 300 femmes paysannes et des mouvements sociaux de la région, et s’y sont également associées des femmes du monde entier.

En plus de cet échange avec d’autres femmes au vécu similaire, les participantes ont pu connaître l’expérience de ces mêmes protagonistes sur la situation de la femme dans d’autres contextes, et par conséquent, les vénézueliennes appartenant à diverses collectifs (Comités de terre urbaine (CTU), conseils communaux) ont observé la nécessité d’unir leurs efforts et de créer un mouvement national, comme par exemple celui des Sans Terre du Brésil.

Dans le cas des femmes colombiennes, cet événement a permis d’observer la capacité de résistance populaire. Actuellement, ce sont elles qui sont au devant des organisations sociales, celles qui élèvent la voix contre les génocides politiques d’Alvaro Uribe. Elles font face au déplacement forcé des populations, aux assassinats et aux persécutions des leaders des organisations sociales et à l’installation des bases militaires.

L’autre fait important de ces journées fût d’exiger l’accomplissement des droits acquis pendant les luttes sociales des mouvements, comme ceux des travailleurs et des paysans, de sorte qu’on établisse une discrimination positive envers les femmes, alors que dans la pratique, on ne réalise pas l’égalité des droits autour de la propriété de la terre et des droits au travail entre autres.

Dans le cas vénézuélien, les femmes du Front National Paysan Ezequiel Zamora luttent aujourd’hui pour l’application effective de l’article 114 de la Loi sur les Terres qui donnent priorité aux femmes dans la possession de la terre, en la leur attribuant au delà de leurs conditions conjugales, qu’elles soient veuves, célibataires ou divorcées. C’est-à-dire que leur situation conjugale ne conditionne pas leur droit à être propriétaire de la terre qu’elles travaillent, et l’application de la loi empêcherait qu’elles travaillent une terre dont d’autres en auraient l’usufruit.

Nous étions plusieurs compagnes de VIVE TV à participer au Rassemblement des Femmes des Organisations Populaires d’Amérique Latine. Pour nous ce fut une agréable opportunité de pouvoir recueillir la pensée des autres camarades sur la lutte qui se déroule sur notre continent. Nous avons pu diffuser les interviews réalisées auprès d’un groupe de femmes appartenant à diverses organisations sociales qui ont participé à ce rassemblement. Elles ont pu observer les expériences particulières de luttes dans différents contextes. Dans ce cas, nous nous sommes concentrées sur le thème de la terre. Chaque entrevue a été adaptée afin de devenir un bout d’histoire du mouvement des femmes dans chaque pays latino-américain

Ligia Ramos. Front National Paysan Ezequiel Zamora-Venezuela

Quels sont les objectifs de cette rencontre ?

Notre objectif est de consolider et de réunir les critères des mouvements populaires et paysans, et il faut souligner le fait que les femmes en soient protagonistes. Nous faisons partie intégrante des mouvements populaires de Colombie, d’Uruguay, du Honduras et du Brésil. Au Vénézuela, toutes les organisations au niveau local sont représentées. En outre est présent le Front de 23 états afin que nos voix et nos luttes soient rendues visibles.

Quel est le rôle des femmes vénézueliennes dans la souveraineté alimentaire ?

Il est associé au rôle des femmes dans le mouvement et à notre participation dans le campement. Nous avons appris de toutes ces camarades qui nous ont parlé de leurs expériences de lutte. Nous mettons en lumière un processus de récupération de territoire et aussi nous maintenons notre lutte pour la terre. Nous sommes en guerre contre le latifundio, et celle-ci a l’appui de notre président. Que le paysan retourne à sa terre, au travail de la terre, qu’il récupère la terre d’un point de vue politique et qu’on restitue au producteur rural sa valeur comme garant de l’alimentation de tout un pays. La femme commence à occuper des territoires et nous considérons que la lutte des femmes est une nécessité dans le mouvement paysan. Nous mettons en place la lutte pour l’application de l’article 114 de la Loi sur les Terres promulguée en 2006 qui dit que les femmes paysannes ont des droits et nous leur garantissons ce droit à la terre, particulièrement aux femmes qui sont célibataires, celles qui se sont séparés de leurs maris, ou celles qui sont veuves.

Quelles sont les propositions du Front pendant le rassemblement ?

Pour les femmes du Front, celles qui se retrouvent dans la pensée de Bolivar et Zamora, la participation féminine est fondamentale pour pouvoir réunir les hommes et les femmes. Ceci vise à consolider le projet bolivarien, le socialisme bolivarien et le pouvoir populaire. Nous pensons que dans cet espace de rencontre entre les femmes, nous pouvons mettre en place des politiques pour l’approfondissement et pour la consolidation du processus bolivarien. D’ici, surgit l’initiative d’incorporer nos propositions dans la politique générale du pays, au sein du PSUV, dans les conseils communaux. Nous savons qu’ici nous sommes en train d’assumer des rôles importants mais cette initiative doit s’approfondir dans la reconnaissance de notre travail et dans la réussite d’une meilleure qualité de vie. Nous pouvons le faire, nous avons les capacités pour le faire !

Quels sont les succès les plus importants de cette rencontre ? Au commencement, une de nos difficultés a été de nous réunir dans ce lieu et d’unifier nos critères. Mais nous avons réussi à le faire en 5 jours de débats. Tous les thèmes nous paraissaient aussi important les uns que les autres mais au final nous avons réussi à trouver un critère pour chaque thème. Ceci nous a démontré que nous pouvons nous mettre d’accord même si nous sommes d’organisations différentes, c’est comme si nous étions dans le même bateau...celui de la révolution. Nous avons mené la barque dans la même direction, dans le même sens, et le président fait de nous le fer de lance de ce mouvement.

Je vois l’avenir du Vénézuela dans la souveraineté alimentaire à laquelle on doit reconnaître la capacité de produire nos propres aliments. De cette façon, nous nous assurons que nos décisions ne vont pas être manipulées par les relations de pouvoir dans un cadre aussi sensible que l’est celui des aliments que nous consommons. Sans oublier que nous traversons une crise mondiale de l’alimentation et qu’au Vénézuela nous misons sur les hommes et les femmes pour que la production des campagnes arrive à des prix solidaires à toute la population vénézuelienne.

Il s’agit d’un événement organisé depuis les bases, depuis nos réalités, ainsi nous pouvons débattre sur ce que nous connaissons et sur ce que nous vivons comme expériences propres. Nous allons continuer à réaliser des rencontres régionales, nationales dans toute l’Amérique Latine, afin d’approfondir les avancées que nous avons atteintes. C’est un thème qui nous touchent toutes et tous et nous avons la co-responsabilité, conjointement avec le Président de la République, d’améliorer la qualité de vie de la femme. Au Front, nous développons cette politique depuis 4 ans et nous allons continuer à l’impulser jusqu’aux mouvements nationaux et internationaux pour faire avancer encore plus nos propositions.

Maria Irene Ramirez, Association Paysanne Valles del Rio Cimitarra – Colombie Comment se passe la participation des femmes au sein de la ACVC ?

A l’heure actuelle, la direction de l’association est assumée par trois femmes. Sans perdre notre esprit militant et en assumant les objectifs tracés par l’organisation, nous travaillons sur les proposition annuelles. Nous assumons la direction dans une conjoncture où celles qui ont exercé la direction l’ont fait encerclées et détenues par le gouvernement d’Uribe. On a accusé nos chefs et nos leaders de collaborer avec la guérilla. Ils nous accusent parce que nous défendons les droits humains et parce que nous ne restons pas silencieuses. Cependant, cela n’est pas uniquement le produit d’une conjoncture. Cette organisation a vu le jour pour donner un espace à la participation des femmes.

Notre organisation, née il y a 14 ans, est une structure qui recherche l’existence d’un territoire pour les paysans. Nous avons besoin de territoires pour vivre. ce que nous souhaitons va bien au-delà d’un logement. Nos familles, nos ancêtres sont arrivés il y a plus de 40 ans, ils ont occupés et produits sur ces terres. Alors, en tant que paysans, nous formons cette organisation afin de demander le respect de la vie, l’accès à la propriété, le droit qu’on ne nous enlève pas nos terres parce qu’elles nous appartenaient déjà. Nous voulons y élever nos enfants pour qu’ils ne perdent pas leurs origines, celles de paysans qui produisent nos propres ressources pour notre subsistance. Dans ce sens, dans la zone de la réserve, nous avons construit des clôtures, des enclos, des logements. Nous avons du bétail et un élevage à petite échelle. L’ACVC est formée par 120 paysans. Et nous sommes approximativement 25000 paysans en lutte.

Comment les femmes sont-elles touchées par le déplacement forcé en Colombie ?

Les femmes sont celles qui donnent la vie, qui travaillent la terre, qui connaissent mieux que personne les nécessités de la famille et ce sont donc elles qui sont le plus affectées par le déplacement forcé et par la mort de leurs époux. Les femmes ont alors dit qu’elles reviendraient comme défenseurs de leurs territoires. Nous faisons de façon permanente des ateliers dans les communautés paysannes pour que les hommes et les femmes comprennent qu’il est important que la femme soit l’égale de l’homme et que cela profite aux deux. En effet, la femme paysanne apporte autant à la production que l’homme. Il existe des projets au sein de l’ACVC qui sont administrés par les femmes.

Comment les hommes des communautés paysannes acceptent-ils la participation de la femme ?

Ce fut très difficile parce qu’il existe encore des communautés où les compagnons des femmes paysannes ne leurs permettent pas d’aller à une réunion et il y en a encore moins qui acceptent de se réunir avec des femmes. Ce dont il s’agit ici n’est pas de vouloir dominer l’homme, il ne s’agit pas non plus de partager entre les hommes et les femmes. Nous pensons que le machisme doit être combattu par nos fils et nos filles. Je me sens très heureuse d’avoir eu l’opportunité de sortir de la cuisine et de militer dans cette organisation. Toutes les femmes sont capables de porter en avant toutes les choses que nous proposons et il est important que nous apprenions à exiger nos droits.

Quelles sont les proposions apportées par cet événement ?

Exposer notre cas dans l’organisation, partager nos expériences, apprendre des expériences de nos camarades, apprendre comment les femmes des autres organisations ont réussi à renforcer leur participation.

Quelles ont été les grandes réussites de cette rencontre ?

Je me suis sentie acceptée par les autres camarades, nous avons réussi à nous faire entendre et à faire en sorte que les médias comme vous nous donne l’opportunité de nous exprimer et de raconter notre expérience. Nous avons construit un réseau avec les camarades qui nous ont offert leur soutien afin d’avertir sur les situations que nous voudrions faire connaître.

Quelle est la position des femmes de l’ACVC par rapport à l’ALBA ?

Notre organisation travaille dans le sens des propositions de l’ALBA. Nos propositions ont aussi pour objectif l’intégration des peuples, parce que cette terre nous a été donnée et nos semences n’ont pas été perdues, pour que tout ce qu’on fait revienne à nos pays et ne s’en aille pas ailleurs, pour que ce soit un échange entre nos pays et que toutes nos productions ne s’en aillent pas aux Etats-Unis.

Marilen Serna. Minga-Colombie

Que peux-tu me dire sur le mouvement des femmes en Colombie et que signifie la Minga ?

Nous venons d’une organisation paysanne du sud-est colombien, d’une région pluri-ethnique et pluri-culturelle qui s’appelle le Cauca. Les hommes et les femmes de cette zone sont entrés en lutte depuis de nombreuses années pour la défense de nos droits d’organisation pour la vie, le droit à la terre. Nous avons toujours eu le rêve de l’unité pour construire un mouvement fort en Colombie, représentatif, qui soit à l’image du pays et qui pourrait générer beaucoup d’espoir. Le mouvement social en Colombie a été très réprimé et très déstructuré à de nombreuses occasions et malgré notre persistance à rester organisé, à maintenir la résistance face à un système qui nous rend chaque fois plus pauvres, qui nous exclut et qui nous marginalise. Ces efforts ont été très affaiblis par la répression de l’état.

Cependant, ces dernières années nous nous sommes attelés à la tâche de créer une Minga. La Minga est un terme indigène ancestral, mais aussi une pratique de travail collectif et communautaire, dans laquelle nous nous mettons tous au service d’un grand chantier, dans lequel chacun amène ce qu’il possède et ce qu’il peut, suivant ses capacités. Nous avons donc organisé une grande Minga pour le pays, une Minga de résistance, nous voulons associer toutes ces expériences d’organisation et de résistance ainsi que les recherches dans les différents secteurs du pays.

Dans le mouvement, nous sommes majoritairement des femmes et nous représentons diverses ethnies. Nous sommes indigènes, afro-descendantes, étudiantes, syndicalistes, nous faisons toutes partie de ce mouvement et nous misons sur le processus de la Minga. Nous souhaitons que les femmes qui ont notre capacité d’organisation, avec notre engagement pour le pays, obtiennent la direction de ce processus au côté de nos camarades masculins.

La lutte pour la terre est inscrite en nous, c’est notre base, notre fondation, celle qui nous donne vie. Nous sommes venues exposer le plan pour les terres qui va au-delà de la terre, c’est l’espace dans lequel nous nous déplaçons, l’espace dans lequel nous construisons, nous vivons, nous nous organisons. C’est pour cela que nous devons défendre notre territoire. Le thème de la terre est fondamental pour les femmes, parce que dans les massacres qui ont lieu en Colombie, ce sont les femmes qui ont le plus souffert, parce qu’elles ont dû abandonner leur terre, fuir vers les villes, faire face aux difficultés de vivre en ville où les relations sociales et l’espace sont différents. Elles ont dû se battre pour nourrir leurs enfants. Les femmes ont été alors doublement frappées par ce déplacement violent de cette terre où elles ont vécu leur culture, où elles possédaient la souveraineté alimentaire et cela s’est complétement détruit. Et comme la femme est porteuse de culture et de la transmission de nos valeurs, le fait d’avoir été déracinées de leurs terres, elles ont connu de grandes difficultés... la pauvreté, la marginalisation, l’exclusion et chaque jour, elles sont un peu plus invisibles...et ainsi disparaissent avec elles leurs valeurs.

Un autre élément associé au thème de la terre est que généralement la femme paysanne n’est pas propriétaire de la terre, le propriétaire c’est l’homme. Ainsi la femme travaille sur une terre qui ne lui appartient pas et elle laisse l’usufruit de cette terre à d’autres personnes, ce qui a directement attenté à sa lutte et ses droits. Dans le processus de récupération de la terre, nombreuses sont les femmes qui y ont laissé leur vie, qui ont perdu leurs enfants et leurs maris.

Quelles sont les propositions de Minga pour cette rencontre ?

Nous sommes venus ici avec l’idée que le processus commun autour de la Minga était la construction d’un nouveau pays, et nous pouvons le proposer aux autres pays de la région. En Colombie, nous sommes en train de nouer des accords avec toutes les organisations pour construire un agenda commun. Nous proposons à toutes les femmes de faire une grande Minga latino-américaine contre la violence faite aux femmes, contre la pauvreté, et contre toutes les situations qui appauvrissent et qui empêchent une vie plus digne.

Nous, les femmes colombiennes nous sommes avides de l’aide de l’Amérique Latine, bien que nous avons participé aux grandes luttes de nos pays. Cependant la situation en Colombie est si difficile et si complexe qu’il est nécessaire que le gouvernement voie qu’il ne s’agit pas d’une lutte isolée mais bien d’une lutte portée par toute l’Amérique Latine. Il est important de commencer à tisser des liens au-delà de cet événement, des relations plus permanentes afin d’unir les efforts pour une Amérique Latine plus souveraine. Le sujet des bases militaires installées en Colombie est une menace sérieuse pour la région et malheureusement notre territoire est soumis à cette invasion. Nous nous sommes mobilisées mais l’État colombien reste sourd.

Quelle est la position des femmes de la Minga au sujet de l’ALBA ?

Il y a beaucoup de parenté entre les positions. Nous pensons, en tant que Minga Colombie, que nous devons faire une proposition. Si nous participons à l’ALBA, quelle est notre contribution ici ? Nous pensons que le thème du travail et celui de la violence faite aux femmes sont des sujets qui nous rapprochent de l’ALBA. Nous nous rejoignons également sur d’autres sujets, comme l’armement, la lutte pour la souveraineté de nos peuples. Je crois que l’ALBA est identique à la Minga, nous défendons fondamentalement la vie des femmes, la vie du peuple latino-américain. Ce sont des espaces que nous devons articuler.

Matilde Morales du Mouvement des Sans Terre (MST) - Brésil

Quelle a été la place de la femme dans la lutte pour la terre au Brésil ?

La lutte pour la terre au Brésil est une lutte historique. Depuis 1500, quand les colonisateurs portugais sont arrivés, ils ont dépouillé ceux qui vivaient ici et ont mis la terre au service de la couronne portugaise. C’est à ce moment là que commence la concentration des terres, qui prend diverses formes, mais qui aujourd’hui continue. Aujourd’hui, près d’1% des propriétaires contrôle 46% de la terre au niveau national... Tout ça reste entre les mains d’une poignée de personnes, de petits groupes familiaux et de grandes entreprises dont des multinationales. C’est donc une lutte historique et un grand nombre de personnes a pris le chemin de cette lutte. De nombreux mouvements se sont créés. Le mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre apparaît en 1984 et se transforme en organisation nationale.

La lutte des femmes pour la terre est aussi historique, parce qu’il y a dans l’histoire des preuves que beaucoup de femmes ont participé à la bataille. Les familles de paysans lorsqu’ils n’avaient pas de terre payaient au prix fort les femmes parce que ce sont elles qui préparaient la nourriture et ce sont elles les premières à se rendre compte de ce qui manquait. Lorsqu’ils n’avaient pas de terree, ils ne pouvaient pas produire directement la nourriture pour leurs enfants, et ceci était de la responsabilité des femmes. C’est pour toutes ces raisons que nous avons été les premières à ressentir le poids de la souffrance de ne pas avoir de terre, et c’est pour cela que nous luttons au sein du mouvement. Les femmes ont participé à la coordination du mouvement, et dans ce sens elles ont remporté des succès importants, tant au niveau de la récupération des terres que de la participation des femmes dans l’organisation.

La lutte pour l’égalité des femmes est une ligne politique du mouvement. Notre lutte prône l’ humanisation parce notre problématique est d’avoir été formé dans le capitalisme. Au début, cela paraît étrange aux personnes qui intègrent le mouvement que les femmes prennent les décisions les plus importantes, puis ils s’y habituent. Ça les effraye aussi de voir des lesbiennes et des homosexuels dans le mouvement, pourtant ils apportent beaucoup. Tout ça nous l’enseignons, nous formons pour dépasser les différences. Au-delà du genre (homme, femme, lesbienne ou homosexuel), nous sommes tous des êtres humains. Un autre élément qui a été difficile pour nous au sein du mouvement, c’est la formation des femmes, parce qu’elles doivent souvent s’occuper de leurs enfants, elles doivent semer et récolter. Le travail et la routine de la femme ne lui offrait pas l’opportunité d’avoir une formation politique. Nous avançons dans ce sens. Aujourd’hui au moment où une femme part en formation, elle a la garantie que ses enfants pourront étudier. Quand la femme a un rôle dirigeant dans l’organisation, ce n’est pas simplement par la loi, elles ont l’opportunité de participer et d’avoir une formation politique, et ainsi elles obtiennent la possibilité de prendre des décisions politiques. Quelles sont les propositions du Mouvement Sans Terres pour cette rencontre ?

Organiser une lutte conjointe pour que les femmes de nos pays luttent toutes ensemble contre un système et une éducation qui nous sont imposés par le capitalisme. C’est une lutte pour qu’il y ait une participation égalitaire et que les succès de la lutte aient une expression directe, c’est à dire que les femmes obtiennent le droit d’étudier et qu’on leur donne réellement le temps pour étudier. Par exemple au sujet de la terre, celle-ci doit être au nom de la femme, parce que si la femme lutte et se bat pour la terre, elle doit de ce fait en être la propriétaire. Nous devons rester fermes parce que les conquêtes du capitalisme ont toujours laissées les femmes en marge.

Que considères-tu comme principaux acquis de cette rencontre ?

Au Vénézuela, les processus sont très localisés, en coopératives ou en communauté. A la différence du Brésil où dans les 25 dernières années nous avons réussi à convertir ces expériences en un mouvement national. Contrairement au Brésil, ici au Vénézuela les droits acquis garantissent la participation des communautés qui sont le 4ème pouvoir, et les femmes y jouent un rôle fondamental. Il faut éveiller la conscience de la femme comme point fondamental du processus économique parce que la femme participe avec un temps de travail double à l’accumulation du capital. Notre proposition c’est que les processus locaux se convertissent en expérience nationale.

Traduction : Audrey Chaumeil, pour www.larevolucionvive.org.ve

Source : VIVE TV.

Photos : Vive TV y Alba TV.


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